Samedi 12 janvier 2008

 

undefined Encore une journée pourrie en perspective. Le soleil a fait ses bagages depuis trois mois : pluie, brouillard, repluie, et rebrouillard. Quand je pense qu’on nous bassine avec la sécheresse estivale, tout juste si je n’ai pas mauvaise conscience de prendre une douche, pire encore de laver ma voiture. S’il n’y avait que le temps, ça irait…

Faisons juste un petit zoom sur ma vie actuelle : j’ai 27 ans, bientôt 28, la hantise des rides de la trentaine me guette tous les matins ainsi que les deux kilos imaginaires que je dois forcément perdre et que bien sûr je ne perds jamais. Victime de la mode, de ses clichés de notre époque aussi, je lis Cosmo, Marianne, et le Da Vinci Code. Rien ne me ferait plus plaisir que de faire dans l’originalité, mais voilà, je fais partie de ces filles bien ancrées dans le monde, révoltée par tous les diktats quels qu’ils soient, affamée d’un nouveau monde, forcément meilleur, désireuse de mener un vrai combat politique, mais qui par paresse intellectuelle accepte au final, et de façon extrêmement consensuel le monde tel qu’il est. 

A part le refaire autour d’un monaco, d’un daikiri ou d’un soho bien arrosé, ma contribution à le rendre autre est minime pour ne pas dire insignifiant. Je me borne à essayer de survivre dans la jungle de l’intérim, à faire des économies pour les soldes, et à ne pas trop penser à l’avenir. Rien que de penser à ce qu’il pourrait bien m’arriver ou pire ne pas m’arriver me fiche la trouille. Alors voilà, j’ai 27 ans, mariée (eh oui ça en choque plus d’un), pas d’enfant (eh non, c’est si mal que ça de ne pas en vouloir ?), titulaire d’un bac+5 (un DESS qui ne me sert strictement à rien), et téléconseillère dans un centre d’appels.

 

C’est ça qui cloche : intelligente, diplômée, pas trop moche, jamais redoublée de toute ma vie (j’ai même essuyé les plâtres d’une classe préparatoire qui a bien failli avoir ma peau), bien élevée, et pourtant, j’occupe un poste de niveau bac, voire même moins, un CAP aurait largement suffit pour faire ce que je fais. Dans un langage technique et très hype , j’ai le poste de conseillère clients, ou chargée de relations clientèle ou conseillère commerciale, ou télénégociatrice, ou télévendeur, ou….  Les euphémismes ne manquent pas, le titre d’opératrice n’existe plus, il faut bien valoriser d’une manière ou d’une autre ce job. Le titre de conseiller vaut mieux que celui d’opératrice, ça donne un cachet intello. Le fait est que je ne sais pas comment j’ai atterri dans ce call center, moi qui ai fait des études d’histoire suivi d’une spécialisation (encore un doux euphémisme) en gestion du culturelle. Un DESS fourre tout, l’année de ma vie, puisque c’est celle où j’ai le plus ri, et le moins travaillé. Comme quoi, ce n’est pas toujours l’image qu’on s’en fait ! Ces diplômes d’excellence n’existent que pour les filières d’ingénierie, de haute technologie, de finance et de droit, que des trucs rébarbatifs en somme Le reste, on se demande à quoi ils peuvent bien servir. Un, parce que ce diplôme n’est plus le passeport pour le monde du travail, et deux, parce que dans l’hypothèse d’être l’heureux gérant d’un équipement culturel, le salaire ne suit pas les qualifications. Au mieux on a 10% au dessus du smic, au pire le smic tout court. Je mourrais d’envie d’occuper un poste emploi jeune, j’ai envoyé des tonnes de candidature sans réponse. J’aurais bien essayé de zigouiller le conservateur du coin, mais la peur de la prison m’en a empêché, pourtant l’envie de jouer « Le Couperet 2 » façon moi même, m’aurait bien plu. Après tout, qu’est ce qu’on ne ferait pas pour sortir de l’ordinaire, pour vivre au moins une fois dans sa vie quelque chose d’effrayant, de révoltant, ou d’excitant.

 

La vie d’une opératrice n’est pas folichonne surtout quand on a un bac+5, et qu’on a  l’impression de voir son cerveau fondre comme une glace italienne au soleil. Jolie, bien dessinée, bien balancée, colorée ce qu’il faut pour donner de l’appétit et susciter l’excitation de nos papilles, elle fond plus vite que ce qu’on ne voudrait ; notre langue est d’une lenteur hallucinante quand il s’agit d’en venir à bout sous un soleil de plomb. Ce qui me reste de cerveau à la fin de la journée me permet tout juste de me coller devant l’écran pour regarder « question pour un champion » histoire de me dire que oui, encore, je peux jouer à trifouiller les tiroirs de ma mémoire. Pour une historienne, la mémoire c’est quelque chose d’important m’a-t-on dit, pourtant, je n’en ai jamais vu vraiment l’utilité à part pour briller dans les dissertations.

Et si on essayait de rebondir ?

 

 

 Le sentiment d’échec est énorme, avoir fait tout ça pour ça. Le pire c’est que je ne suis pas la seule dans cette situation précaire. I’m not alone ! et si vous saviez comme ça fait du bien d’apprendre qu’on n’est pas un cas isolé : je ne suis pas un cas social, voilà ce que je me dis en zieutant les revues de presse et autres magazines. Marianne, un journal que j’adore, a sorti deux articles assez édifiant sur les intellectuels précaires, et les classes moyennes qu’on achève. Un mois plus tard, c’est Glamour (deuxième revue que j’adore) qui consacre quatre pages aux surdiplômés, surnommés affectueusement les tanguys, parce qu’à 30 ans, ils sont soit retournés chez leur parents, soit toujours en stage. J’apprends même qu’il y aurait eu une enquête lancée par le Conseil Economique et Social proposant des mesures nouvelles sur les stages, la nature des contrats. Et le Ministère de l’Emploi ? il sait lire ou non ? pourquoi n’avons nous pas eu d’écho à ce sujet ? pourquoi se sentons-nous si peu écoutés ? comme si les surdiplomés précaires étaient en marge de la société. Personne n’a envie d’entendre que le système est pourri jusqu’à l’os. Les universités sont des usines à chômeurs, mon dieu, quel scandale ! C’est qu’en plus, on culpabiliserait à mort de ne pas avoir trouvé un travail décent : avec ton niveau, enfin, comment peux-tu en être arrivée là ? qu’est ce qu’il cloche chez toi ma vieille ? tu serais pas une looseuse par hasard ? a y est le mot est lancé. C’est fou comme on entend rapidement ce mot scandé sur un thème réitératif, loo-seuse, loo-seuse, loo-seuse ! et bah non, je suis pas une looseuse, preuve en est ces malheureux candidats au marché du travail. Exemple : Nathalie, diplômée de l’ISCOM+DESS de communication= caissière ; Camille, diplômée de Sciences-Po= quatrième stage non rémunéré, Valérie, licence de psycho, ouvrière à la chaîne dans l’agro alimentaire etc… c’est malheureux à dire, mais ça fait chaud au cœur de voir que d’autres, encore mieux diplômés, sont dans la même galère, sinon pire que soi. Moi qui rêvais de faire une grande école. Finalement, j’ai peut être bien fait d’aller à l’université, au moins j’aurais passé quelques années sabbatiques. C’est vrai qu’on n’en fait pas lourd dans le campus. C’est tout juste si j’allais en cours, c’était tellement barbant et inutile, je préférais faire mes cours moi-même, ce qui ne m’a pas empêché d’avoir tous mes diplômes avec mention. Comme quoi, la fac, c’est vraiment pour les faignants et les nuls. Mon gamin, il ira en apprentissage, fera un BTS quelconque pourvu que ce soit professionnalisant, et après il pourra se spécialiser en faisant un master tout aussi professionnalisant. Il n’y a que ça de vrai : la professionnalisation, sinon on est inemployable, inacceptable. J’aurais bien lu le livre de Sophie Talneau, mais j’ai eu peur que ça me démoralise encore plus, parce qu’au fond, savoir que les trop diplômés se retrouvent aussi sur le carreau, c’est quand même destabilisant. Mais bon, j’avais l’impression d’avoir eu une révélation malgré tout, en lisant ces articles, même senti une petite larme couler en réalisant que tout cette amertume, cette rancœur, cette désillusion totale, étaient partagées par d’autres personnes en France. Avoir fait tant d’études, avoir cru toujours que le marché du travail n’attendait que nous et nous seuls, qu’avec un bac+5 on tiendrait son avenir entre les doigts, et que rien au monde ne pourrait arrêter cette fabuleuse ascension, c’est terrible ! Demain ne pouvait être que génial. Demain était la promesse d’un avenir brillant : Fraîchement sortie d’un DESS, on ne pouvait que devenir dirigeant, cadre, manager, en menant des projets plus ou moins grands, certes, mais qui donnerait de l’étoffe à son ego surdimensionné. Mais voilà, un beau jour, on se rend compte que ce foutu ascenseur social est en panne, voire même carrément en train de dégringoler dans les caves, un débile a dû sectionner les câbles, pas possible. On se retrouve même pire que nos parents, et là on a super honte. C’est un sentiment atroce la honte. Quand on voit une personne que l’on a connue à l’école où on était forcément dans les trois premiers, un prof, ou tout simplement une vague connaissance dont on est même incapable de se souvenir le nom, quand toutes ces personnes nous demandent « alors tu fais quoi dans la vie ? », c’est la terre entière qui s’effondre sous les pieds. On retient la rougeur qui monte aux joues, la petite larme qui pointe propre à toutes les dépressives chroniques, on tente vainement de camoufler tout ça par un rictus, et on sort une phrase mûrement travaillée : « oh pas grand chose, un job alimentaire en attendant de trouver THE travail. J’attends des réponses (ah oui et lesquelles ?) mais je préfère m’occuper en attendant (géniale comme occupation ce travail à la chaîne) et nianiania… » bon maintenant elle va me lâcher la greluche ? commence sérieusement à me taper sur le système là. J’ose même pas imaginer la tête que je dois faire en me tordant dans tous les sens pour garder un aspect à peu près humain. 

Après on rentre à la maison, et on s’effondre dans les bras de son homme (pfff.. heureusement que j’ai la bagouse au doigt, sinon je serais vraiment considérée comme une ratée de chez ratée), on pleure toutes les larmes de son corps, en passant par tous les sentiments possibles et imaginables pour finalement s’apercevoir que ça tourne encore moins rond là haut… et pourquoi ai-je eu cette réaction de honte ? pourquoi ?hein ? qu’est ce qu’elle avait de plus cette greluche ? allons ressaisis toi, et récapitulons : tu es mariée (bon point), indépendante (encore un bon point), pas encore obèse (encore un autre), et surtout tu as un travail, et dieu sait que c’est difficile dans notre société d’en avoir un. Je connais même certains bac+5 qui tueraient pour avoir un travail de caissier ou de commercial, juste un travail pour se nourrir et survivre. Moi même j’ai du me battre comme une lionne pour décrocher un boulot de caissière dans un magasin de parfumerie. J’ai remercié mon sixième sens de m’avoir poussée à travailler pendant mes études dans un magasin de sport. Ce petit job d’été que j’avais fait pour me payer mon ordinateur de maîtrise, m’avait sauvé la vie ! J’ai supplié la directrice de ne pas tenir compte de mes études, (et là j’ai vraiment vu mon DESS comme un gros boulet, un pot de pus que je traînerais le long de tous mes entretiens). Je l’ai apitoyée en disant que j’avais un appétit féroce pour tenir la caisse, que c’était ma vocation, que c’était un rêve de petite fille, qu’elle serait une déesse de me donner ce boulot, et cette dame dans toute sa splendeur, m’a dit qu’elle n’en avait rien à faire des mes études, tout ce qui comptait pour elle, c’était mon expérience en tant que caissière. J’avais tenu une caisse, par conséquent je pourrais en tenir une autre. 

Mais si je n’avais pas eu d’expériences ??? ah mon dieu, merci, vive ce job d’été, vive moi ! Ce qui est encore plus terrible, c’est que quand on est surdiplômé, on ne peut même pas prétendre à des petits jobs comme ça. Il faut impérativement une expérience dans ces domaines. Mais enfin se dit on, on n’a quand même pas besoin d’être sortie de polytechnique pour tenir une caisse, ou vendre, ou prendre des appels ??? enfin le monde ne tourne pas rond ou quoi ? et pourtant si, sans expériences vous n’êtes rien, mais comment fait-on pour en acquérir ? il faut bien commencer un jour pour en avoir, bon sang, si personne ne nous donne la chance de débuter, c’est sûr qu’on n’en aura jamais ! que ce soit dans les petits boulots ou en culture, c’est pareil. Pas assez d’expériences en programmation culturelle, trop jeune, etc… bref, c’est un parcours du combattant d’avoir un travail et quel qu’il soit. Mais c’est d’autant plus affligeant pour nous qui avons un gros bagage scolaire. C’est rageant tout simplement de se faire recaler pour un job de vendeuse parce qu’on n’a pas la qualification qu’il faut. Et moi je dois m’estimer heureuse d’avoir réussi à « percer » dans le domaine commercial, parce que tous les surdiplômés n’arrivent pas forcément à faire bonne impression auprès des recruteurs. Y en a même un qui m’a dit qu’il m’avait recruté parce qu’il me trouvait pas trop moche. 

Imaginez donc ma tête déconfite, et le gros point d’interrogation suivi d’un éclair avec tous les signes d’indignation. Quoi ? moi ? une tête pleine comme la mienne ? qui ai travaillé aussi dur pour décrocher mes diplômes ? moi ? on m’embauche sur mon minois qu’on trouve « pas trop moche » ? Vous rigolez ? J’ai bien d’autres qualités, même pour un poste de vendeuse il faut autre chose qu’un sourire, par exemple, le sens du contact, l’œil critique, du bagou, de la technique (chaque produit a forcément une fiche technique quelque part), de l’enthousiasme, du dynamisme, enfin quoi, j’ai bien quelque chose qui fait que je peux devenir une super vendeuse ! Malgré toute cette indignation, je suis ressortie victorieuse de l’entretien, avec mon contrat en poche, et la joie de pouvoir donner le trois quart de mon salaire à mon proprio. Avec un smic, les extras vont être durs. 

Et si on proposait à Sarko ou à son poète de VIllepin de travailler pour le smic, voire même moins, puisqu’ils disent que les jeunes sont des mains d’œuvre inférieures. Ils ne tiendraient même pas une journée. Et l’autre tordu hier avec sa mise en plis qui passe à la télé et qui ose dire à un pauvre petit chômeurs qui va de galère en galère avec toute l’énergie qu’il faut, « mais enfin, monsieur, vous ne trouvez pas de travail ? mais créez le, mais oui, créez votre entreprise ! Vous n’avez pas besoin de bagages particuliers pour vous lancer dans cette création, juste l’envie et le savoir-faire ». J’ai fait un bond de quinze mètres dans mon canapé. Je lui aurais fait manger ses bigoudis à l’autre poète. Il croit qu’il suffit de claquer des doigts pour créer son entreprise ? et l’apport ? et le fond de roulement ? la trésorerie ? il en fait quoi ? Il pense que sur notre bonne mine, le banquier, ou l’Etat va nous donner les petits sousous pour démarrer et tenir au moins trois ans ? Si on est chômeur, c’est qu’on n’a pas vraiment d’argent à investir, sinon ça ferait depuis longtemps qu’on se la coulerait douce aux îles.

 

Moi aussi j’ai eu cette brillante idée, puisque personne ne voulait de moi, j’allais créer mon propre poste :galeriste. La création a été un parcours du combattant, la banque a accepté mon emprunt parce que j’avais un apport. Pas de quoi tenir trois ans en tout cas. Au bout de six mois, je mettais les clés sous la porte, avant que ça ne devienne catastrophique. J’ai perdu mon apport, mes illusions, et ma bonne humeur. Alors c’est facile de donner des conseils aux autres quand on n’a pas connu toutes ces difficultés, les messieurs « t’as qu’à » y en a marre. Deux secondes plus tard, il vocifère « un travail c’est un travail, on ne doit pas le refuser ». Et lui il aurait accepté de travailler comme ouvrière à  quarante km de chez lui, pour un travail de nuit, à monter des puces pour les téléphones en étant énarque ? Il ne se rend pas compte. La seule fois où j’ai été inscrite à l’ANPE, ces débiles m’ont sommée de prendre cet emploi sous peine d’être radiée. Bon, je veux bien prendre des postes à bac, bac+2, mais pas à moins quand même ! Dégoûtée par leur inaptitude à écouter et conseiller, j’ai préféré me faire radier. Je me débrouillerais toute seule. De toute façon, j’aurais du m’en douter, quand le gros petit bonhomme m’a craché avec un mépris non dissimulé, « mais kek vous voulez faire avec un diplôme comme ça ? il vous sert à rien vot’ diplôme ». Merci, encore une fois mille merci, je ne m’en étais pas rendue compte toute seule. Formidable cette dose de perspicacité ! on sait au moins sur quel critère les conseillers de l’ANPE sont recrutés. 

Forcément que le chômage baisse : à force de se voir si peu considérer, on préfère largement se désinscrire et faire notre recherche tous seuls comme des grands. Ma copine, elle même en galère n’a plus jamais voulu remettre les pieds dans cet institut infantilisant au possible, et qui nous prend pour des débiles mentaux. Pareil pour les assedics. Il y a quelque chose que je ne comprendrais jamais : les employeurs sont tenus en fin de mission de nous donner les documents sociaux dont la fameuse attestation assedics, le sésame à l’allocation chômage. Ce bout de papier est aussi précieux pour le futur chômeur que la sonde stardust pour les scientifiques. Or, force est de constater que les délais de délivrance de cette attestation sont plus que scandaleux. Un mois, un moi et demi, deux mois parfois. Sans compter qu’il faut bien sûr faire le siège de son ex entreprise pour avoir son du. Ça c’est un truc qui me dépasse. On ne demande pas la lune, mais juste son du, c’est à dire le résultat de notre travail. Ben non, ça ne se passe pas comme ça.

 

 Dernièrement donc, ma mission se terminait le 23 décembre. Je n’ai reçu l’attestation que le 12. Au préalable j’avais bien entendu prévenu mme Assedic du retard. Aucun problème. Eh bien le 16, j’avais une lettre des assedic me menaçant de mettre fin à ma demande d’allocation en cas de non réception de l’attestation. Mon sang n’a fait qu’un tour, vous imaginez le stress que ça représente : pas d’argent. Je passe évidemment une bonne demi heure à poireauter aux assedics tout ça pour m’entendre dire qu’ils avaient effectivement reçu les pièces manquantes. No comment. Ça use ce genre de démarche, ça épuise un homme, et toute la bonne volonté qu’il peut avoir. Et moi ça me donne envie de pleurer tout ça.

Maintenant je considère mon parcours universitaire comme un énorme handicap que je dois cacher le mieux possible. En même temps, je ne peux pas continuer éternellement à faire des jobs aussi nuls.

 

Alors j’essaie de trouver une solution pour préparer mon avenir un minimum. Etant fille de fonctionnaire, j’ai accepté mon destin en tentant les concours. J’ai essayé l’IUFM, et j’ai eu le concours d’entrée en première année. Chouette me suis-je dit, je vais pouvoir enfin bronzer pendant les vacances, et même si je n’aime pas trop les enfants, je pourrais toujours en faire abstraction, rien que pour les vacances… bah quoi tout le monde n’a pas la fibre pédagogique. Au bout d’un mois dans cet institut, j’ai pété les plombs. Leur jargon me sortait par les yeux, les espèces de travaux post it ou brainstorming m’hirrissaient les poils, le rêve naïf de dizaines de filles de devenir THE instit de l’année en transformant le monde, et le stage qui tue dans une primaire, m’ont fait sortir de mes gonds. Là j’ai vraiment réalisé à quel point on devait être courageux pour devenir instit. Se mettre à la portée de l’enfant, digérer tout le langage de l’éducation nationale, se couler dans le moule bien pensant de toute cette petite famille, et adopté un langage plus que simpliste pour faire passer le ba-ba, est surhumain. Même toutes les vacances du monde ne garantiraient pas ma santé mentale ! 

J’ai donc dis stop. Du coup, j’ai passé le concours de Rédacteur territorial, tout en enchaînant les petits boulots, là grosse surprise, le concours était fastoche comme tout. Moi qui ne m’y connaissais rien en droit, en un mois, j’avais avalé droit public et constitutionnel. Trop forte !  Contente de moi, je m’étais dit que cette fois, on ne pouvait que m’embaucher, les collectivités qui m’avaient répondu « passez le concours on verra après », ne pouvaient plus me jeter.. ben si ! les reçus collés, ça existe ! Je ne comprends toujours pas pourquoi on organise des concours sans postes, ça demande de l’argent, des hommes, des moyens, du temps.. pas la peine de passer par le parcours du combattant si c’est juste pour se retrouver à la troisième année le bec dans l’eau. Oups, la date de validité de votre concours est passé, merci de le retenter ! Et là c’est le drame. J'ai eu un certain fonctionnaire du CDG (centre de gestion) qui m'a appelée pour me dire que mon inscription sur la liste d'aptitude allait prendre fin et il voulait savoir pourquoi moi je n'avais pas trouvé de travail, alors que les AUTRES, EUX avaient réussi... que n'avait-il pas fait là.  Il s'en est pris plein les dents. Je lui ai raconté comment j'avais galéré, comment j'avais postulé comme une malade sur plusieurs régions, et comment je m'étais faite bien recevoir par certains élus. Y en a même un, qui se prenait pour un petit seigneur et qui m'a demandé mes prétentions salariales. alors lui, il n'avait pas tout compris: rédacteur c'est un grade de la fonction publique territoriale, donc aucune négociations salariales n'est possible, puisque le traitement est indexé sur un indice de la cette même fonction.... bref, j'étais vraiment mal partie. Et quand il m'a sortie "mais comment avais vous fait mlle pour occuper des fonctions aussi basses (il parlait de mes postes de vendeuses ou de caissières)? et savez vous que le poste pour lequel vous postulez, demandera de travailler avec des fonctionnaires catégorie C voire catégorie C moins?( ah bon parce que ça existe?)?  j'en aurais mangé mon poing.... et encore j'ai passé carrément un entretien où on m'a dit que le poste était déjà pourvu!!! enfin ce petit entretien m'aura permis de balancer tout ce que j'avais sur le coeur, déjà ça en moins....

 

N’étant toujours pas revenue de cet échec, je me décide de passer le concours de SASU. Et là quelle n’est pas ma surprise d’avoir enfin le jour de l’écrit le nombre de postes à pourvoir. Cette information n’a pas été disponible avant de se retrouver nez à nez devant sa copie blanche. Que faire, partir au vu du peu de postes vacants ou essayer quand même de pondre quelque chose histoire de ne pas avoir mis à feu et à sang son entreprise pour le JTL (jour temps libre) demandé ce jour précis et non au bon vouloir des RH.  Tout ça pour m’apercevoir qu’au final, je n’avais décidément rien perdu des mes capacités scolaires : 13 en note de synthèse et 15 en dissertation : admission loupée de 1 point. Crotte de bique. Je me suis rendue compte le niveau que devaient avoir les autres, tous devaient au moins avoir bac+3, 5 ou 10, impossible donc pour un vrai niveau bac de passer ce concours, pourtant destiné aux bacheliers. Décidément, il y avait encore quelque chose qui m’échappait. Ce système me sort vraiment par les yeux. Si seulement ils pouvaient mieux gérer l’argent du contribuable. Organiser des concours coûte tellement cher, pourquoi ne pas rationaliser tout ça, en annonçant les véritables niveaux requis, et surtout pour la territoriale, ne prendre que le nombre de candidats correspondants aux postes vacants pour éviter d’avoir toutes ces matières grises pourrirent en jachère. Moi ça me tue. C’est difficile de trouve une raison à tout ça, et surtout de penser que tous nos efforts valent le coup. J’avais déployé une vraie guerre dans mon entreprise pour avoir mes journées pour passer ces foutus concours.

 

C’est en effet très difficile d’avoir gain de cause dans ce call center, les JTL sont donnés généralement en plein milieu de la semaine, ou pire encore, on vous fait revenir le lundi, pour vous mettre en congé le mardi, comme ça on est bien sûr que vous ne passerez pas trop de temps avec votre famille surtout si elle est à l’autre bout de la France. Que je vous explique, en tant qu’intérimaire, je n’ai le droit qu’à un seul WE par mois, je travaille donc 6 jours sur 7 pendant trois semaines, et la quatrième je finis le jeudi à 14 heures pour reprendre le lundi à 13h. Donc, c’est avec délectation que je prends ce WE tant attendu. On me dira, tu n’es pas à plaindre, tu as un travail, en plus tu es mariée à un futur fonctionnaire, un appartement, deux voitures, et des parents qui t’aiment. Voui, mais c’est si mal que ça que de se révolter contre une réalité qui ne devrait pas exister ? Franchement, avoir été à l’école jusqu’à mes 24 ans, m’avoir fait miroiter monts et merveilles (plus tu auras de bagages plus tu assureras ton avenir), en arriver là, et pire que tout, s’entendre dire qu’il est interdit de se plaindre ! ben quoi, j’ai un travail, du moins jusqu’en janvier 2006, et ça pourrait être pire, je pourrais être en train d’éviscérer les poulets dans une usine, ou retourner des surimis tout chaud à une cadence infernale. Depuis que mon amie a fait ce travail abrutissant, je ne mange plus de surimis et ne me demandez pas pourquoi.

 

 

C’est sûr, je devrais également m’estimer heureuse de ne pas porter la bourka, et remercier le ciel de me faire vivre en France, terre de liberté et d’asile… à force de relativiser, on se satisfait de tout, et on peut continuer à l’infini ce genre d’exercice : j’ai deux jambes, et deux bras, j’aurais pu naître difforme, et manchote. Alors  pourquoi te plains-tu ? là j’explose, j’en ai assez qu’on me rabâche sans arrêt que je ne suis pas à plaindre et que ma situation est très enviable, sous prétexte que j’ai un travail, même s’il ne correspond ni à mes rêves ni à mes qualifications, je devrais me taire et avoir honte de dire que j’ai la vie professionnelle la plus nulle qui pouvait m’arriver. On en vient à se rendre coupable d’avoir des rêves, des envies, des ambitions, d’aspirer tout simplement à un monde meilleur pour soi. Coupable je me sens de dire que ma vie ne me convient pas, qu’être téléconseillère est un des travaux les plus aliénants qui soit. Avoir toujours le sourire aux lèvres, remercier le client de nous avoir appelé, lui souhaiter une bonne journée, alors qu’il vient tout juste de nous traiter de bonne à rien (vous n’imaginez même pas les insultes que l’on peut essuyer à longueur de journée), expliquer tant bien que mal qu’au bout du fil se trouve un être humain avec des sensibilités, qui n’est pas un super héros et qui par conséquent ne peut pas aller plus vite que la musique, croyez moi, on devrait avoir une médaille pour réussir à refouler nos envies de meurtres.

 

Certaines personnes arrivent à s’épanouir dans ce métier. Je crois qu’elles arriveraient à trouver  leur bonheur dans n’importe quel emploi. Elles sont tellement optimistes, généreuses, dévouées avec les clients, moi ça m’épate. Quand on commence à m’incendier au téléphone, alors que je n’y suis pour rien, je sors de mes gonds. Pour qui se prend-il ? On n’a pas élevé les cochons ensemble que je sache. Les dessous de la téléphonie ne sont pas beaux à voir, des deux côtés, que ce soit pour le téléconseiller ou pour le client. Il y a des abus dans les deux cas. Les clients appellent parce qu’ils sont insatisfaits, et je les comprends. Le jargon est tellement hermétique, les contrats sont si mal expliqués, les engagements à rallonge oubliés, des personnes qui perdent leur emploi, mais qui doivent payer quand même. Tout ça est scandaleux. D’un côté on va réclamer de l’argent à celui qui n’a pas payé sa facture ; au bout de 15 jours si l’argent n’est toujours pas arrivé, on lui coupe sa ligne, mais d’un autre, quand le service promis ne suit pas, on se contente de s’excuser. Peu importe s’il s’agit d’un vieillard mourrant, d’une femme seule avec cinq enfants, d’une infirmière responsable d’une vingtaine de malades ou d’une mère morte d’inquiétude de ne pas pouvoir joindre son fils tant aimé. On nous dit à longueur de journée, soyez proche de vos clients, ayez de l’empathie, les relations humaine sont les clés de voûte de notre système. Moui, moi je veux bien, mais justement, j’ai trop d’empathie pour ne pas me révolter contre la misère de certains, incapables de se défendre face à une entreprise qui de toute façon aura toujours raison. Un individu seul devra se battre pour se faire entendre, et ruser pour avoir gain de cause. Cela dépend de tellement de chose, de la nature même de la réclamation, du profil du conseiller, de l’heure à laquelle il a appelle, de l’humeur du moment, de sa gentillesse, de sa voix….

 

 

En même temps pour quoi faire ?

 

 

Etre téléconseiller, c’est vraiment trop dur. Mais à l’époque actuelle, on se contente de peu. Du moment que l’on a des sous pour consommer, payer ses besoins primaires, on est inséré dans la société, et c’est ce qu’il y a de plus important. A quoi cela sert-il de nous inculquer les devoirs du citoyen, les valeurs de la République, le siècle des Lumières, si on en arrive là, à savoir se contenter de la médiocrité.

 

J’ai 28 ans, je suis noyée dans cette masse de jeunes, chanceuse d’avoir du travail, même temporaire, c’est du travail, et j’ai perdu toutes mes illusions. Je n’ai foi en rien, je ne crois plus en un avenir meilleur, le peu de religion que j’avais s’est évanoui. Les hommes politiques, ces nantis de la République, ces roitelets qui nous méprisent, me font vomir. A ce sujet, je vous conseiller vivement le livre de Stefanovitch « Aux frais de la princesse », c’est réellement édifiant : on sort de cette lecture encore plus écœuré qu’au début ; et le pire c’est que tous nos a priori sont ainsi validés un par un. L’injustice est partout, et les premiers à se servir, ce sont ceux là mêmes qui dirigent notre pays. Aucun n’est capable de ranimer la lueur d’espoir, tous nous traitent comme des imbéciles parce qu’on n’est même pas fichu de lire la constitution européenne. Les pauvres sont obligés de venir à la télé pour nous l’expliquer, tous des assistés de la nation. Pour quelle raison devrais-je me sentir confiante ? N’avons nous pas l’impression que le monde va exploser ? A un moment donné, le système monde implosera de lui même, car plus personne ne voudra se sacrifier pour lui. Moi je me retire, car je vois bien qu’à part essayer d’améliorer son petit quotidien, il n’y a rien de franchement enthousiasmant. Et vous savez quoi ? Dans un moment de révolte intense, j’ai même écrit au Président de la République, fraîchement passé au deuxième tour grâce à Jean Marie. Deux pages je crois que je lui ai écrites. Deux pages d’insatisfaction, de colère nourrie d’un fond d’espoir, de détresse, et de lassitude. A quand un grand Président ? A quand une nouvelle époque ? De toute façon, pour toute réponse, j’ai eu « votre courrier a été envoyé au service concerné, nous ne manquerons pas d’y donner suite »… Au bout d’un an, j’attends toujours. Remarquez, ça peut très bien arrivé, une fois, j’ai bien eu une contravention à payer un an après, tout ça parce que j’avais grillé un stop que tout le monde grille… 

-ah je relis ces pages écrites écrites il ya  quelques années, et je me dis que décidément non, le grand président n’est pas encore arrivé, d’abord parce qu’il est tout petit, et que visiblement il se d’abord ses copains et lui-même, avant de penser à la collectivité. Au fond, c’est lui qui a raison, on l’a voulu, on l’a eu ! on ne mérite que ça après tout, cette précarisation progressive de la société, avec la refonte du code du travail, l’individualisation portée à son maximum en mettant en valeur première l’argent et la réussite, l’abandon de toute solidarité et de tout espoir d’une vie sereine car celle-ci est désormais fondée sur la performance, les résultats et l’éloge de soi-même. J’ai voté Ségo, en y croyant pas trop, peut être aurais-je du plus allumer de cierges ce soir là !, fin de la parenthèse-

 

C’est vrai au fond, à quoi cela sert-il de créer des quantités des diplômes si à l’arrivée c’est pour nous dire qu’on aurait pu largement travailler à partir de nos 18 ans, juste avec le bac. Après tout, la retraite ne pourra se faire que dans 40 ans, donc on a tout à gagner à travailler le plus tôt possible. Si ça se trouve nos enfants n’auront même pas le SMIC, celui-ci portera un autre nom, genre MVPJ ,minium vital pour les jeunes. Nicolas, notre charmant ministre de l’Intérieur qui a lui aussi l’intention de jouer Le Couperet pour réaliser son rêve d’enfant, prendre la place de Jacques, tuer son père en gros, voulait instaurer quelque chose comme 600 euros pour les jeunes. Cette idée décidément, il ne l’a pas lâché depuis Edouard… Le pire, c’est que si ça se trouve il finira par porter la jolie couronne de France. Après tout on l’a bien mérité , on a dit non à l’Europe. Franchement, moi je suis loin de tout ça. Je ne m’implique plus dans la vie politique. Je vote, parce que dans ma famille, l’absence de ce devoir civique signifiait absence de repas pour la journée. Je ne sais pas si ma mère aurait appliqué ce principe, je ne l’ai jamais vu mis à l’œuvre, étant donné que tout le monde s’exécutait le jour J. Du coup, ça m’ait resté comme une bonne vieille habitude, et surtout, parce que je me dis que je n’aurais jamais le droit de râler si je ne votais pas. C’est mon droit de dire ce que je pense à un dîner mouvementé, à une pause entre collègues où je cherche à en égorger un ou deux, histoire de bien me défouler avant de prendre le client suivant.

 

Je constate également que je ne suis pas la seule surdiplômée. Juste un petit recensement : maîtrise d’AES, master en commerce, master en marketing, premier cycle de l’école du Louvre, master d’audiovisuel (deux en tout dans le centre), licence de sport et je dois en oublier bien d’autres, puisque je ne connais pas tout le monde. Et puis je me vois assez mal faire un sondage de ce genre dans toute l’entreprise, déjà qu’on me soupçonne de porter la cause des antiboulots…Ce qui me fait plaisir c’est de voir encore une fois que je ne suis pas la seule. Et quand je vois que l’entreprise a recruté en cdi des petits étudiants diants diants, ça me fait rire, et en même temps ça me désole pour eux. J’ai justement discuté avec un gars qui faisait une maîtrise d’histoire, pile dans l’université où j’étais. Je lui ai demandé s’il comptait passer le CAPES. « non ». « comment ça non ? » « non c’est trop dur ». Le pauvre petit bonhomme, s’il pense pouvoir trouver du boulot juste avec sa maîtrise d’histoire en poche, il se trompe ! Je ne lui ai pas dit « regarde ce que je suis devenue », trop honte d’avoir tant échoué, mais le cœur y était. Je l’ai plaint sincèrement, tout comme cet étudiant en audiovisuel, les yeux pleins d’étoiles. Quand je lui ai demandé ce qu’il comptait faire après son master, il m’a répondu d’un air candide, caméraman, puis producteur… waouh ! pourquoi pas…. La suite dans quelques années.

 

J’ai même regardé sur Internet. Tapez  « surdiplômés précaires » et vous trouverez un tas de sites et de forums dédiés ce fléau social. Ma théorie selon laquelle j’aurais du faire des études d’ingénieur s’est écroulée très rapidement en regardant un forum sur les ingénieurs fraîchement sortis de leur école. Il y avait choco machin, et speedo truc qui s’envoyaient des vacheries sous forme de smileys sur leur condition professionnelle réduite à néant pour l’instant. Y en a un qui disait qu’il fallait prendre n’importe quel travail, et l’autre qui persévérait en lui disant qu’un jour il trouverait LE travail en adéquation avec SES diplômes. Deux semaines plus tard, on voit speedo truc qui dit à choco machin qu’il prendrait bien un travail d’ingénieur payé au SMIC, tellement il était désespéré, mais comble de l’horreur, il ne trouvait pas non plus. Même pour un poste de technicien, il était recalé car les employeurs ne voulaient prendre que des bac+2. Le pauvre s’indignait, criait à l’injuste en disant « je veux travailler moi ! ». Mais voilà, ça ne marche pas forcément comme ça. Il faudrait dire tout ça au poète, combien c’est difficile pour nous de nous faire entendre. C’est comme ça qu’on adhère au mouvement antiboulots, mouvement qui prend de plus en plus d’ampleur, et auquel je suis affiliée depuis quelques temps. On a beau essayé de se vendre même au moins disant, ça ne marche pas. Hier, toujours en train de me morfondre, j’ai pris ma plume pour postuler à un emploi de bibliothécaire adjoint. Après tout, j’adore la littérature (j’ai fini Harry Potter en deux jours !), les bibliothèques ne me font pas peur, si j’ai réussi à faire un inventaire sur 20 000 produits, à monter mon entreprise, je devrais facilement m’adapter au rangement des livres, leurs commandes, et leur bipage à la caisse. Quelle grave erreur avais-je faite ! La RH me renvoie illico un mail, sans bonjour, sans remerciement pour avoir postulé, pour me faire une leçon sur les grades et les postes, sur un ton hyper pinçant qui m’a inévitablement vexée et mise hors de moi. Bibliothécaire adjoint espèce de petite tête de linotte, c’est un graaaaaaade !!!! et vous vous n’avez pas ce graaaaade ! vous êtes potentiellement rédacteur, et non bibliothécaire adjointe, différent d’adjoint de bibliothèque. J’ai trouvé ça hallucinant. Le poète nous dit de ne pas avoir peur, prenez n’importe quel travail, lancez vous. Je m’arrache les ongles sur mon clavier pour faire l’effort de postuler à un job pour lequel visiblement je pourrais faire l’affaire, et voilà ce qu’on me sort comme réponse ! La moindre des choses c’est de nous dire bonjour, et ensuite de nous dire merci, et enfin, de dire qu’on est recalé mais qu’on nous souhaite de trouver le plus rapidement possible le poste de nos rêves. Une vraie bonne lettre de RH quoi ! C’est vraiment écœurant ce ton condescendant que certains RH peuvent avoir. Dans sa tour dorée de fonction publique, cette bonne femme n’a jamais du connaître les affres du chômage, et de la recherche désespérée d’un emploi pas trop nul, et payé un tout petit plus que le SMIC. Avoir 1000 euros comme salaire net, on trouve déjà que c’est pas mal, alors 1300, c’est le Pérou pour nous ! Tous les jours je regarde s’il n’y a pas une annonce de rédacteur, et je postule le cas échéant. Cela fait huit mois que je suis lauréate de ce concours, et huit mois à être recalée. Finalement, je crois que je vais terminer mon contrat dans ce centre d’appel et puis faire comme tout le monde, attendre qu’un jour meilleur arrive. En attendant, place au client…

 

 

Par Si ça continue faudra que ça cesse
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Commentaires

Même avec un DESS de droit des affaires, la situation est catastrophique. Les entreprises veulent des cooptations, elles assument les pistons.Elles détruisent des vies mais ne seront jamais punies de l'incompétence des recruteurs.
Commentaire n°1 posté par Loïc le 18/10/2008 à 22h59

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